Et si …?

C’était un matin froid et pluvieux. Seulement les lampadaires installés dans le parc rendaient la piste d’athlétisme visible. Myriam était là, seule. Accompagnée par personne d’autre. Elle travaillait autant sa position dans les blocs de départ que la vitesse à laquelle elle pouvait en sortir. Par la simple allure des choses, l’entrainement de Myriam ne venait pas tout juste de débuter.

En essayant de reprendre son souffle, « Dans l’ensemble… celui-là s’est bien déroulé. (…) Peut-être… juste faire plus attention à ma première foulée. Pas (…) Pas tourner ma cheville droite trop vers l’intérieur. Parce que je l’ai ressenti, quand j’ai fais la foulée suivante. »

La marche de retour vers la ligne de départ lui a donné un peu de temps pour récupérer. Une fois derrière la ligne de départ, par exemple, Myriam a refait la même chose que 4 minutes plus tôt.

Premièrement, elle a trouvé l’endroit où placer ses orteils, juste au bas des blocs (de départ). Ensuite, elle a plié ses jambes, en relevant les genoux. Ce qui a relevé ses hanches plus hautes que le reste de son corps. En pressant ses doigts tout juste derrière la ligne d’arrivée, elle a ensuite descendu les omoplates, pour relaxer sa nuque.

Après avoir fermé ses yeux quelques secondes, elle s’est mise à sourire.

Dès qu’elle a ouvert ses yeux, son sourire s’est effacé et une expression de détermination a prise sa place.

Dans sa tête, les mêmes 5 secondes qu’elle a entendu à différentes compétitions se sont mises à rejouer. « À vos marques. (…) Prêts. (…) Pow!

Elle était partie pour un autre 100 mètres, en plein coeur de ce stade universitaire.

Revenant vers la ligne de départ, les pensées de Myriam sont allées dans la même direction que la fois précédente. « Comment je peux m’organiser pour que ce soit correct? Qu’est-ce que je peux faire pour que ce soit meilleur? »

Spontanément, elle a repensé à tout ce qu’elle avait fait ce jour-là. En commençant par le moment où elle est sortie du lit.

À mi-chemin vers la ligne de départ, sa réponse a été « Je ne sais pas ». Puis, avec la voix de quelqu’un qui refuse de se contenter de peu, elle a dit « Faut que je trouve une manière de… (…) Penses à ce qui t’a été montré, enseigné. »

Comme elle passait derrière la ligne d’arrivée, deux mots sont sortis de sa bouche : « Et si…? »

Vous et moi, voulons tous les deux réussir. Ce qui nous empêchent souvent d’y arriver c’est « ne pas savoir le ‘comment’, la manière de ».

« Et si…? » a cette capacité d’amener autant notre imagination que nos idées ailleurs. À des endroits auxquels nous n’aurions peut-être pas pensé, ou tout simplement oublié. « Et si j’essayais de …? »

Souvent, c’est dans ces « ailleurs » que nous pouvons trouver ce que nous manque là où nous sommes, à un certain moment.

Il n’est pas toujours nécessaire de grand chose pour se sortir d’une situation où l’on se sent coincé, ou pour aider à résoudre un problème. Parfois, tout ce dont vous avez besoin c’est deux mots, dits sous la forme d’une question. « Et si…? »

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Photo by: Prylarer

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