C’est l’une des scènes de cinéma les plus populaires mais ça n’a pas à le rester

Juste là. Devant Paul. Elle jouait avec ses nerfs. Elle le faisait depuis quelques jours. Cette barre clignotante, au début du fichier MS Word que Paul avait ouvert sur son ordinateur.

En frappant son bureau avec son poing, Paul a crié « C’est pas un blocage d’auteur. C’est aussi gros que le barrage Hoover! ». En mordant ses lèvres, il a marmonné quelque chose d’autre. En se fiant à la couleur de son visage, c’était peut être une bonne chose que nous n’ayons pas été capables d’entendre ce qu’il a dit.

Barrage Hoover, Las Vegas USA

Paul n’était pas sur un « deadline », ou un échéancier. Personne n’attendait ce qu’il voulait publier, pour que des fans aiment ça, non plus. C’était simplement une idée qui, après l’avoir travaillé un peu, il s’était défié de la concrétiser.

C’est là qu’il en était. À l’étape de « faire que ça marche ». Pris.

En quelques clics, Paul a trouvé et fait jouer un petit fichier vidéo. Le 14e round du film original de Rocky. Une scène de 2 minutes qu’il a regardé. Encore et encore. Pendant près de 10 minutes.

En parlant à son ordinateur “C’est de ça que je veux parler? Que je veux écrire. C’est ça que je veux!! (…) Comment ça ce fait que je ne peux même pas commencer?

Comme pour prendre du recul, Paul a roulé sa chaise loin du bureau. Il s’est ensuite penché, et appuyé sur ses avants bras. Sa tête baissée, aussi. Lentement, sa respiration a commencé à se calmer.

Vingt minutes sont passées. Sans que Paul bouge ou dise un seul mot.

Il a finalement brisé son propre silence, en disant: « Je pense pas avoir ce qu’il faut… Je peux pas réussir ». Sa voix en tremblait.

Le personnage principal devient conscient de ses défauts ou faiblesses. Il n’est pas capable de « faire le pont », d’imaginer comment il peut arriver à son but. Il décide de tout laisser tomber.

C’est comment une histoire comme celle-là se termine, d’habitude.

Pas seulement dans la vie de Paul. Dans la tête de plusieurs autres personnes aussi. Encore et encore.

Que ce soit à propos de décrocher un nouvel emploi. À propos de trouver un conjoint qui va nous aimer pour qui nous sommes. À propos de nous réussissant à atteindre un but supposé améliorer notre vie.

Une chance pour nous, toutes les histories ne sont pas faites que d’une seule scène.

Les histoires à « une scène » deviennent des histoires à « plusieurs scènes » quand les gens commencent à poser des questions. Quand ils commencent à ne plus accepter la situation dans laquelle ils se sentent pris.

« Est-ce que c’est vraiment ce que je vais faire pour le reste de ma vie? »

« Je peux pas être mauvais dans tout. (…) Il doit y avoir quelque chose dans lequel je suis bon! Quelque chose que je peux utiliser pour arriver à mon but. »

Pourquoi ils commencent à poser des questions? Parce qu’après s’être battu et avoir perdu contre leurs propres doutes (à propos d’eux-mêmes), il n’y a plus de combat-intérieurs. Leurs pensées sont comme « au repos », tout à coup. Sauf cette toute petite voix; « Je mérite mieux que la situation dans laquelle je me sens pris ».

Quelque chose qu’ils ne peuvent pas entendre, d’habitude. Parce que la petite voix est trop petite. Quand elle est toute seule, par exemple, elle devient plus facile à entendre, et commencer à croire, aussi.

C’est intéressant comment l’accumulation de pensées négatives peut nous pousser dans une direction, mais le son d’une seule pensée positive peut complètement changer nos plans.

D’une manière, ça nous revient de choisir quelle scène nous voulons voir (et revoir jouer) dans notre tête. Celle où nous ne faisons qu’échouer et lâcher. Ou celle où nous décidons, comme dans Rocky, de ne pas lâcher et plutôt trouver une manière de se rendre au round suivant.

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Photo de : Aadvark Ethel

 

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